EPISODE 24 - Le réveil de la force

Publié le par Hélène

Le dimanche suivant je n'avais pas été déjeuner chez les parents d'Édouard. J'avais envoyé un message à sa mère pour lui dire qu'après ce qu'il s'était passé, c'était au dessus de mes forces. Elle m'avait répondu par un long message dans lequel elle me disait qu'elle comprenait et que son fils était bête de ne pas voir ce qu'il avait perdu... j'aurais plutôt dit "ce dont il s'était débarrassé". Elle termina par "les hommes sont des idiots qui ne pensent qu'avec leur... " et elle avait mis 3 smileys aubergines. Cela m'avait fait sourire.

Assise dans mon canapé, mon plaid en peluche sur moi je me posai la question :" Comment en étais-je arrivée là? A vrai dire, je ne m'étais pas reconnue le jour de l'anniversaire d’Émilie, enfin la partie où j'avais crié, pleuré, crié en pleurant. J'avais l'impression de ressembler à un animal enragé, il ne manquait  plus que la bave au coin de la bouche.

Ok, j'avais été quittée, mais aux quatre coins du monde il y avait des femmes et des hommes qui se faisaient plaquer tous les jours. Ça faisait 8 ans qu'on était ensemble, et alors? Il y avait des couples qui divorçaient après un nombre d'années incalculable et ils n'en mourraient pas, ils se relevaient, alors pourquoi moi, je ne me relèverais pas? Et puis, avant de le rencontrer, j'existais, je n'étais pas venue au monde avec lui, j'étais quelqu'un, JE SUIS quelqu'un, JE SUIS une fille formidable, JE SUIS gentille, JE SUIS intelligente, JE SUIS belle, JE SUIS drôle, bon pas tout le temps mais parfois. Je m'aime! Oui, je m'aime, et je n'ai besoin de personne pour voir qui je suis et personne ne m'aimera plus que je ne m'aime moi.
Je me levai et me mis à danser sur mon canapé. Je criai :"Je suis formidable et je m'aime!"
Caro aurait adoré me voir comme ça elle qui prônait toujours l'estime de soi et le positivisme.

Les jours qui suivirent, je gardai la même positive attitude, j'étais beaucoup plus légère et un peu moins amère. J'avais repris confiance en moi. Je continuai d'aller à la salle de sport, j'achetai moins de boite de mouchoirs, et même croiser madame Bouchard ne me faisait pas plus d'effet que ça. Finalement, la force on la puise en soi. 

Je repris le courrier que j'avais laissé trainer sur la table il y avait déjà 2 semaines. C'était un courrier de la part de notre propriétaire qui nous annonçait que les charges allaient augmenter suite aux travaux qu'il y avait eu l'année dernière dans l'immeuble. Quand je l'avais ouvert la première fois, je l'avais jeté comme s'il m'avait brulé ou qu'il était empoisonné. J'avais pour l'instant réussi à m'en sortir pour payer l'appartement seule en prenant dans mes économies pour payer la part supportée par Édouard auparavant, mais j'avais dû me faire, non sans mal, à l'idée que j'allais devoir quitter cet appartement que j'aimais tant. Mais aujourd'hui, je voyais les choses sous un autre angle, ce serait un grand changement qui me permettrait de passer à autre chose, de recommencer une nouvelle vie, ailleurs, loin des mauvais souvenirs de ces derniers mois mais tout en emportant dans ma tête, les souvenirs heureux de ces 8 dernières années. C'était décidé, j'allais déménager.

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