EPISODE 7 - Quentin Tarantino

Publié le par Hélène

Nous avions convenu d'y aller le vendredi soir en sortant du boulot. Depuis l'invitation au ciné, il y avait une petite gêne entre nous. Cela ne nous empêchait pas de continuer de discuter mais c'était comme s'il y avait un enjeu dans l'invitation. Évidemment, je n'en avais parlé à personne au boulot, il n'y avait rien à cacher mais connaissant mes collègues ça aurait jasé.

Quand il m'avait invitée, la chaleur avait envahi mon visage, j'avais répondu avec petit “oui”, aigu, qui semblait laisser transparaitre ma surprise et ma gêne. Il avait souri.

Notre séance était à 19h au Gaumontparnasse. Il m'avait proposé boisson et pop-corn mais j'avais l'estomac si noué que je ne pouvais rien avaler, je n'avais, d'ailleurs, rien avalé de toute la journée. A midi, j'avais prétexté avoir un rendez-vous sur paris avec une amie et j'en avais profité pour faire du lèche-vitrine. J'étais stressée. Je ne savais pas si je devais attendre quelque chose de cette invitation ou si c'était juste un film entre deux collègues fans de Tarantino. Durant le film il n'y eu ni rapprochement, ni regard, ni rien du tout. J'avais été trop bête d'imaginer qu'il en soit autrement, ce n'était qu'un ciné entre collègues. Le film se termina et chacun de nous y alla de ses commentaires et de ses impressions.

Nous nous mîmes à marcher en direction du métro.
Ok, il ne me proposait ni d'aller prendre un verre, ni d'aller manger un morceau. Bon ben c'était clair maintenant, c'était juste un ciné entre collègues.

Nous étions arrivés devant l'entrée de la bouche du métro. A vrai dire, je n'avais pas envie de partir mais bon il n'y avait rien à attendre de plus.
Au moment de se dire au revoir, il attrapa ma main et la tenue pendant un long moment. Il me regarda intensément. Moi, gênée, je ne réussi pas à soutenir son regard. Je le senti s'approcher de moi, de plus en plus près. Il m'embrassa ... un instant magique, un moment d'euphorie. L'euphorie est une sensation intense de bien-être, d'optimisme, un sentiment de grande joie, de satisfaction, de contentement . C'est exactement ce qu’Édouard me procurait, m'apportait. Pas seulement lors de notre premier baiser mais depuis notre premier baiser et pour tous les autres moments qui suivirent. Il était Mr Euphorisant.

il m'avoua plus tard qu'il m'avait remarquée le jour de son entretien, qu'il avait espéré me revoir en sortant mais que malheureusement je n'étais plus là. Et qu'il s'était promis à ce moment-là que s'il n'était pas retenu sur le poste, il repasserait à l'agence pour m'inviter à prendre un verre. 

Un an plus tard, nous étions assis dans la même salle de cinéma, cette fois-ci pop-corn et coca étaient de la partie et la gêne avait disparu. Le film importait peu, l'essentiel pour nous était de se refaire le film de notre histoire, notre film, même date, même endroit. Et ce fut ainsi chaque année durant les 8 ans qui suivirent.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article